lundi 19 octobre 2020

L'Outsider : Du tirage de cheveux dans la prise de tripes

 


Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute. Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent. Et si c’était vrai ?

Le gars King - je me permets de l'appeler comme ça, comme si je pouvais lui taper sur l'épaule, depuis le temps que je le lis, c'est un peu comme si j'étais de la famille - vieillit bien à certains égards, mais il est toujours aussi énervant à être capable du pire comme du meilleur. Pour être franc, cela faisait bien une dizaine d'années que je n'avais pas cherché à lire un de ses écrits. J'étais resté sur ce ras-le-bol de me palucher des centaines de pages de descriptions préalables à toute action, sur l'enfance, l'adolescence, les premiers émois sexuels et/ou amoureux de chacun des personnages, puis sur chaque quart d'heure, chaque minute, chaque seconde qui précède le meurtre/la disparition/le truc bizarre qui se passe, devoir lire 560 pages avant qu'il se passe quelque chose... Stephen King, c'est le Marcel Proust des romans fantastiques. Trop c'était trop, j'avais décidé d'arrêter. Et puis là il y a deux mois j'ai voulu retenter l'aventure. L'Outsider. 800 pages en livre de poche, bon c'est beaucoup pour moi mais ça se tente, depuis le temps. 

Côté pile, chouette, Stephen King va davantage droit au but. Enfin de l'action dans les premières pages, disons dans les premières dizaines de pages. Côté pile toujours, la bizarrerie de départ est prenante. Un gars est accusé d'un meurtre odieux sur un enfant, tout l'accuse, y compris ses traces ADN. Et pourtant tout prouve aussi qu'au même moment, il était à des centaines de kilomètres de là, témoignages et vidéos à l'appui. Un scénario comme celui-là, ça doit donner un final de ouf. Non ? Parce que pour ma part, j'ai été super pris par le suspens, dans la première moitié du livre, je n'en pouvais plus de ne pas savoir.

Sauf que, au final, rien de très ouf. Le final, c'est une pirouette Kingesque tirée des contes et légendes locales avec une espèce de truc un peu monstrueux qui peut prendre la forme qu'il veut. Et tant pis pour la divulgâche. Au début ça prend bien aux tripes et puis c'est tiré par les cheveux. Et un cheveu sur les tripes, aux restau, ça ne passe pas. 

Peut-être qu'il vieillit tout court, Stephen King. Peut-être qu'il perd moins de temps dans les préliminaires fastidieux mais également moins de temps à bâtir des histoires qui tiennent la route. Sinon il y a une autre hypothèse, à vérifier : Stephen King est peut-être doublé par un être bizarre qui prend son apparence mais qui n'est pas lui et qui écrit des choses à sa place... Mais ça, ça n'est qu'une hypothèse, notez bien...

L'Outsider, de Stephen King. Ed. Albin Michel, col. Le Livre de Poche, 2019.

dimanche 31 mai 2020

Incident au fond de la galaxie : Est-ce que ce monde est sérieux ?





Dans un cirque, un employé chargé de nettoyer les cages des animaux accepte d’être envoyé dans le ciel comme un boulet de canon ; le jeune pensionnaire d’un étrange orphelinat découvre qu’il est un clone d’Adolf Hitler créé pour venger les victimes de la Shoah ; un accidenté de la route perd la mémoire et se retrouve dans une pièce virtuelle avec une femme virtuelle, à moins que ce ne soit l’inverse…
Facétieuses, corrosives et incroyablement brillantes, les vingt-deux nouvelles d’Incident au fond de la galaxie nous immergent dans l’univers « keretien », où le virtuel et le fantastique viennent subtilement troubler la réalité pour faire surgir de profondes réflexions sur le deuil, la solitude et les stigmates de l’Histoire
. 

Présentation éditeur

Je suis en train de lire Incident au fond de la galaxie, de Etgar Keret, et ça fait du bien. Une dose d'irréel dans la banalité quotidienne, un truc qui cloche dans la machinerie bien huilée, une bonne secousse dans le calme plat d'une histoire sans histoire... Ces nouvelles sont jubilatoires. Surtout en cette période de déconfinement, cela permet de relativiser notre réalité un peu particulière. Pas besoin d'aller au fond de la galaxie pour saisir les incidents. Il suffit d'aller dans le métro, par exemple. 
L'autre jour j'ai dû prendre le bus et le métro pour un rendez-vous dans Paris : c'était étonnant. Ces gens heureux de se souffler sur le visage, de braver le danger sanitaire en évitant de mettre un masque parce que, sans doute, c'est moche et c'est pénible à porter. Ces gens qui font semblant de faire attention, ou de respecter les règles, qui portent un masque mais qui le glissent sous le menton pour mouiller leur doigt et gratter une saleté sur leur bras (je vous jure, je l'ai vu, j'ai failli proposer ma langue). Ou qui s'évertuent à ne camoufler que la bouche et à laisser exsuder l'appendice nasal à l'air libre. D'où viennent-ils, ces gens bizarres ? Non, toujours pas d'une autre galaxie, ils sont bien de chez nous, ils habitent un pays qui a mis en valeur la Raison et qui a produit des grands scientifiques. Désespérant. 
Alors oui, il faut s'évader, et lire Incident au fond de la galaxie, comme je le faisais dans le métro, en jetant parfois ce regard inquiet au-dessus de ma tablette de lecture pour regarder le comportement de mes contemporains. 

Idir, Ici et Ailleurs : un métissage à renouveler

En même temps, j'écoutais Idir sur mon appli de streaming musical préférée. Il faut écouter ou réécouter Idir, récemment disparu, et notamment ce fantastique album Ici et Ailleurs, qui propose des chansons "d'origine française" réadaptées "façon kabyle", chantées avec le chanteur d'origine. Rien que le premier morceau, La Corrida, de Francis Cabrel, est en plein dans l'ambiance actuelle ("Est-ce que ce monde est sérieux ?")... Le mélange harmonieux de deux cultures est beau et enthousiasmant. Lui aussi, il fait oublier cette période curieuse. Et en même temps il met les pieds dans le plat : dans cette nouvelle époque où il nous est demandé de ne surtout plus nous mélanger pour des raisons de santé, il va falloir déborder d'imagination pour réinventer de nouvelles formes de métissage. Un beau projet. 


Incident au fond de la galaxie, de Etgar Keret. Ed. de l'Olivier, 2020. 
Ici et Ailleurs, Idir. 2017. A écouter sur Deezer (notamment). 

vendredi 22 mai 2020

J'ai raté ma vie mais j'ai presque lu du Conan Doyle et ce n'est pas fini


J'ai lu partout dans les réseaux sociaux et dans les grands médias traditionnels que pendant le confinement, si tu n'avais pas appris le serbo-croate en Mooc, la guitare sur Youtube, et pas lu les œuvres complètes de Victor Hugo gratuitement sur Kobo, tu aurais raté ta vie au moment du déconfinement. 
Spoiler : j'ai raté ma vie. J'ai décidé qu'on me foute la paix sur ce que j'avais envie de faire. Par conséquent je me suis dit que je pouvais lire tout et n'importe quoi, de toute façon c'est foutu, je suis foutu, le monde est foutu, adieu monde cruel. J'ai donc commencé à lire "Le Chien des Baskerville" en numérique gratuit sur Kobo, après avoir vu une adaptation en film sur Prime Video. C'est vous dire à quel point je ne suis pas raccord avec les normes intellectuelles et culturelles de la bienséance réglementaire édictées par le petit peuple bobo. Pire : j'adore les aventures de Sherlock Holmes, mais je n'ai pas réussi à tout lire, j'ai arrêté avant la moitié. Pire du pire : antérieurement à cette aventure coupée dans son élan, j'avais donc vu le film comme je le disais plus haut. Mais soyons franc : je me suis endormi également vers la moitié de l'histoire. Donc ? Donc je ne sais toujours pas qui est le coupable. Et là je vais donner un coup de grâce aux puristes de la littérature bien ordonnée : je m'en fiche. Je m'en fiche car je me suis relancé dans un autre roman. Un grand classique aussi, "Le Monde perdu" de Arthur Conan Doyle. Oui, le même auteur que pour Sherlock Holmes ! Et je précise "re"lancé en effet parce que je l'avais commencé il y a un peu plus d'un an et que je l'avais lâché à un peu plus de la moitié de l'ouvrage. "Le Monde perdu" : le titre vaut son pesant de cacahuètes dans la période. Tant qu'à avoir raté ma vie à ne pas avoir appris la "Lettre à Elise" au piano pendant le confinement, autant se vautrer dans l'échec le plus complet en imaginant la perte d'un monde. Bon ok, là il s'agit dans ce roman d'un monde plus "paumé", "isolé", "introuvable", que perdu. Mais les mots, c'est connu, on leur fait dire ce qu'on veut. 
Enfin, je vous dirai ça si je le finis, ce roman. 

mercredi 12 février 2020

Le nuage : Une palpiflippante réalo-fiction radio active


Le 25 août 2020, un accident se déclare dans l’une des plus vieilles centrales françaises, le Douvrey, près de Lyon. Julia Roch-Rivière, directrice de la centrale, va tout tenter pour protéger la population du nuage radioactif. Mais sur sa route, se dresse plus puissant qu’elle. (présentation réalisation)

Que se passerait-il si un accident nucléaire majeur se produisait en France ? Impossible, vous nagez en pleine science fiction catastrophe de série B ! s'écrient les nucléocrates. Oui mais, imaginons quand même. Eté 2020, la canicule sévit sur l'Hexagone (là, on nage en plein réalisme avec les bouleversements climatiques), et ça, les grosses chaleurs, les centrales nucléaires, elles n'aiment pas, car il faut toujours refroidir le cœur du réacteur, avec de l'eau fraîche si possible, sinon la réaction nucléaire s'emballe. Et quand il fait très chaud, et que l'eau n'est plus assez rafraîchissante...  Eh bien au Douvrey, par exemple, cela produit un accident nucléaire majeur. Bon, sur les aspects techniques, je résume, hein. Parce que bien sûr, le moindre employé un peu gradé d'EDF pourra me couvrir de ridicule en démontant ma démonstration en un powerpoint de trois slides.

Quand soudain, tout s'emballe 
Mais peu importe ! Même l'employé un peu gradé d'EDF reconnaîtra que le nucléaire, cela peut être dangereux ! Tchernobyl, Fukushima... Oui ok, en France c'est impossible, on maîtrise tout. Mais là il y a un truc qui pète, un truc qui ne se passe pas comme prévu. Allez, on imagine, ok ? 
Et là, tout s'emballe. Le réacteur, qui rejette des radiations. Les médias, qui font le job, mais qui peuvent être dépassés par la réalité. La machine étatique, qui ne supporte pas d'être contredite. Et au milieu... les vrais gens. L'histoire du "Nuage" se centre sur le vécu de la directrice de la centrale, jouée par Emmanuelle Devos. Une femme honnête, qui sait que cela va mal se dérouler, que les gens sont en danger. Mais qui sera lâchée par sa hiérarchie soumise aux politiques qui n'ont aucun intérêt à faire penser qu'on ne contrôle plus rien... 
Cette série est en podcast, elle est donc à écouter. L'immersion est même excellente pour peu qu'on utilise des écouteurs. Les acteurs sont excellents, ce sont de vrais acteurs. Les sons, les bruits le sont tout autant : ce sont des vrais sons d'ambiance réelle. Le making-off est à cet égard intéressant (Pour le voir c'est ici). Et l'histoire, réaliste - désolé l'ami gradé d'EDF - est prenante et inquiétante. Un vrai et bon podcast, professionnel, palpiflippant (tiens, j'ai inventé un mot). 

Le nuage. Podcast en 5 épisode, sur Spotify. Série du studio Nouvelles Ecoutes. Avec Emmanuelle Devos et Damien Bonnard. Réalisation Aurore Meyer-Mahieu et Nicolas Becker.

mercredi 5 février 2020

Viscères : Vieux pots, vieux suspens, vieux clichés


Et si votre pire cauchemar recommençait ?
Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd'hui, alors que Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n'ont pas oublié cette découverte macabre, l'histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur.
En grand peintre de l'angoisse, Mo Hayder nous livre une série de tableaux sanglants, dans lesquels le commissaire Jack Caffery, toujours hanté par la disparition de son jeune frère, est plus vulnérable que jamais.

Présentation éditeur


Mais j'en ai marre de ces thrillers où tout est prévu, télécommandé, concocté pour être pris en stress avec des ingrédients connus, reconnus, utilisés et réutilisés, usés jusqu'à la corde, la corde vocale la plus martyrisée par les cris d'effrois attendus par les "maîtres et maîtresse du suspens" !

Une fois encore, de quoi parle-t-on ? Evidemment d'un huis clos, dans une maison éloignée de tout et qui COMME PAR HASARD ne dispose plus de ligne téléphonique, elle est en panne c'est ballot. Fatalement, dans les personnages, il y en a au moins un qui est fragile et dont l'état de santé laisse à désirer : COMME PAR HASARD un des héros sort d'une opération cardiaque, et ça craint du tambourin thoracique. Bien sûr, il y a de la gerbe : le bouquin ne s'appelle pas "Viscères" par hasard, c'est juste que le psychopathe étale les tripes de ses victimes sur les branches des arbres. COMME PAR HASARD c'est une image insoutenable. Continuons : le psychopathe, justement. En fait ils sont au moins deux. Et COMME PAR HASARD au départ ils ont l'air normaux, ils se présentent même comme des policiers, c'est pour dire. Pas de bol, ils sont timbrés et prennent possession des lieux (isolés du reste du monde, donc) et des gens (donc le fragile cardiaque). Et COMME PAR HASARD on trompe un peu le lecteur histoire de mieux le choquer : soudain on les croit partis de la scène où tentent de survivre les personnages encore vivants, et une heure plus tard, coucou ! ils repassent la tête en disant "Vous ne croyez pas que c'était fini, non ?" Ah ah ! Les perveeeers ! Et pourquoi ils avaient commencé par partir ? Ben on ne sait pas, juste pour pouvoir revenir et nous faire dire "Ah les salauds, on se croyait débarrassés d'eux". Alors même qu'il y a encore 200 pages à lire, hein, on le sent bien sous les doigts, mais on aime bien croire aux Pères Noël, des fois, qu'est-ce qu'on est con aussi. Et puis pour couronner le tout, il y a ce flic, dont on parle depuis le début du roman, qui s'occupe de tout autre chose que des gens qui ont des histoires avec ces psychopathes. On sent bien que ce policier va être celui qui va sauver les victimes, quitte à mourir dans d'atroces souffrances au dernier moment sans qu'on s'y attende. Mais COMME PAR HASARD, l'agent est un peu rebelle avec sa hiérarchie, parce qu'il est torturé par sa propre histoire, plombée par le meurtre de son frère, et soudain il a une idée pour résoudre l'énigme de ce meurtre et donc il part en vrille et on se demande comment il va, au final, avoir le temps d'aider à sauver les autres gens dont le livre parle, dans les autres pages, ceux qui sont aux prises avec les psychopathes. Vous suivez ?
Eh bien moi j'ai arrêté de suivre. J'ai laissé tomber à la centième page environ, parce que ces vieilles soupes aux vieilles recettes sans surprises, j'en ai marre. C'est comme le décès récent de Mary Higgins Clark : on n'est pas dupes ! On le sait, qu'elle a en vrai été victime d'un assassinat déguisé en mort naturelle par un psychopathe de son entourage après avoir été enfermée dans sa cave pendant trois ans à subir des souffrance psychologiques graves.
Alors ça suffit les vieux cuistots du thriller. Ce n'est pas toujours dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.

Viscères, de Mo Hayder. Ed. Pocket, 2016.

lundi 30 décembre 2019

La Reine des Neiges 2 : Le domptage des éléments, c'est moi !

Olaf au Japon.

L'autre jour avec ma gamine de 5 ans et Madame, nous sommes allés au cinéma voir Olaf. Oui, Olaf, ce petit personnage en forme de bonhomme de neige absolument rigolo, à l'humour totalement adapté aux plus de 10 ans, c'est dire que j'ai réussi à suivre. Pour le reste, l'aventure qu'il y avait autour de lui, je ne me souviens plus, mais il était question d'une Reine des Neiges "2" nommée Elsa, de sa sœur qui est très courageuse et qui s'appelle Anna, d'un renne au prénom nordique et d'un blond qui s'appelle Christophe. Il fallait qu'ils domptent l'eau, la terre, le feu et l'air, et c'était plein d'aventures palpitantes.
Pour ce qui nous concerne, il nous a fallu, nous aussi, dompter les éléments. D'abord pour arriver au Grand Rex, la salle de cinéma parisienne où nous avions réservé la séance. On n'est pas des malins : on habite en banlieue, et on réserve dans un cinéma en plein cœur de Paris, en pleine période de grève des transports. Qu'importe, nous sommes des courageux comme Anna, nous y sommes allés. En trois bus successifs, deux réanimations de la gamine compressée par la foule, trois orteils brisés par des coups de talons bien trop nombreux, et une heure et demi, nous étions arrivés à Châtelet, première étape de notre périple. Là, après avoir fendu les airs (vous noterez le premier élément vaincu : l'air), nous avons pris notre temps pour nous restaurer. Une riche idée, vu la suite des événements. Car après notre pause déjeunatoire, nous avons marché une demi-heure pour arriver sur les Grands Boulevards où s'élève l'historique Grand Rex, une heure avant le début de la séance. A ses côtés flânait une file de touristes à la queue-leu-leu du plus comique effet : pourquoi donc se ranger, immobile, contre le bâtiment, pour rien ? Erreur. Elle s'avérait être la file d'attente, déjà présente, grandissant chaque minute, qui devait nous mener en salle. Nous rejoignîmes ce groupe de comiques et attendîmes en nous ennuyant profondément.
Une fois conduits à grands coups de badines à l'intérieur,  nous avons adopté des places vers le fond de la salle, avec une bonne visibilité. Nous avons pu assister à des pubs, puis à une première partie avec la "féerie des eaux" (autrement dit des jets d'eau artistiquement maîtrisés sur de la musique moderne), puis à des pubs, puis au film dont j'ai magnifiquement décrit l'histoire dans les premières lignes de ce billet haletant. Ma fille était ravie, et comme je suis terre-à-terre, son ravissement m'a ravi (vous noterez le deuxième élément vaincu : la terre).

Réchauffement climatique

Par contre le retour n'a pas été joyeux. La Reine des neiges n'est plus ce qu'elle était, et elle aussi est maintenant dominée par le réchauffement climatique : en sortant de la salle, au lieu d'une neige hivernale sympathique, nous étions sous les déluges d'une pluie battante. Le métro le plus proche était fermé, celui qui, plus éloigné, était censé être ouvert ne l'était pas, et les bus étaient rares et bondés au point que les poings étaient meilleurs garants pour pénétrer le véhicule que le pass Navigo. Refusant de nous laisser abattre par l'écoulement des eaux célestes, nous dûmes emprunter (que dis-je, payer, et pas qu'un peu) un VTC (vous noterez le troisième élément vaincu : l'eau). Notre dernier voyage (de la journée, hein, je ne parle pas poétiquement de notre mort) dura une heure, à l'abri, guidés par un fier cocher n'hésitant pas à forcer les passages et les feux de signalisation pour nous faire arriver à bon port (vous noterez le quatrième et dernier élément vaincu et brûlé : le feu).
Autrement dit, la Reine des Neiges 2, c'est pas mal, c'est efficace comme du Disney, ça plaît aux enfants, la bande originale va recommencer à prendre la tête des adultes pendant des mois, et Olaf a été parfait dans son rôle. La seule faiblesse du récit, c'est que notre aventure à nous était bien plus haletante, convenez-en.


samedi 2 novembre 2019

Le Gros Diamant du Prince Ludwig : Casse nawak


C'est l'Amérique des années 50, avec des musiciens en live, des matons pas futés, des taulards en cavale, un pickpocket trop honnête, une amoureuse peu fidèle, des amants pigeonnés, un voyou abruti, un banquier colérique, un policier frimeur, une mère poule qui couve autre chose que des oeufs, et Warren Slack, le plus vieux stagiaire des USA. (pitch officiel)

On se demande comment une bande de bras cassés de cet acabit réussissent au final à voler le gros diamant du prince Ludwig. Spoiler ? Certes, mais le déroulé de l'histoire n'est pas ce qu'il y a de plus frappant dans cette pièce. A la limite, peu importe. Chaque étape, chaque scène, est juste l'occasion de développer du gag, du comique de répétition, du foutraque, du grand nawak de n'importe-quoi qui fait rire, et c'est là l'essentiel. La mise en scène qui conduit au casse du siècle - ou au moins de la soirée - est très rythmée, musicalement agrémentée d'un vrai groupe qui joue en direct sur le côté de la scène (clavier, contrebasse et batterie) et dont les membres participent à la comédie, et surtout originale niveau visuel. Il est une scène qui ravit particulièrement l'oeil (et le perturbe en même temps) : celle que l'on voit comme si nous étions installés au-dessus d'elle, vue du plafond en quelque sorte. Là je ne spoile pas davantage, c'est absolument étonnant. Alors ne pas hésiter à voir cette pièce, c'est la déconne totale, pas de philosophie ni de réflexion politique ou sociale et ça fait du bien en cette période politico-socialement chiante, et le Molière de la meilleure comédie est mérité.

Le Gros Diamant du Prince Ludwig. Auteurs : Henry Lewis, Jonathan Sayer, Henry Shields. Mise en scène de Gwen Aduh. Au Palace (Paris) actuellement. 

mercredi 25 septembre 2019

Verdun : Une série BD historique sur le massacre de 1916

BD Bamboo Editions

Des coulisses du pouvoir à l'horreur des tranchées, va se jouer le sort de la Grande Guerre
Décembre 1915, les Allemands semblent préparer une attaque d’envergure sur l’un des points stratégiques de la ligne de défense française, à Verdun. Mais le Maréchal Joffre se refuse à renforcer la zone, persuadé que la vraie bataille se jouera en Champagne. Janvier 1916, l’attaque ne fait plus le moindre doute. Seul un miracle pourrait sauver Verdun. Et le miracle se produit : pendant des jours, la pluie s’abat sur la ville, repoussant l’offensive des troupes allemandes. (présentation éditeur).


Certes je me réveille un peu tard : cette BD est sortie en 2016. Mais avouez que ça ne change rien à la date de la bataille de Verdun - révisez vos livres d'histoire, vous verrez - ni à la qualité de cet album - lisez-le, vous constaterez. Et puis c'est un cadeau de ma femme - critiquez, vous verrez.
Dans cette histoire, on parle d'Histoire. N'allez pas chercher du romanesque ou des aventures de la vie quotidienne d'obscurs citoyens de l'époque sur fond de guerre, comme la série "14-18" l'avait très bien développé (voir mes chroniques sur cette série ici). Dans "Verdun" (trois tomes parus), on met en scène le déroulement de la grande bataille, sur un scénario historique qui n'exclut pas la "petite histoire", comme ce Pétain dérangé pendant ses ébats avec sa maîtresse pour venir sauver la France, ou ce Joffre plus avide de se remplir le ventre qu'à écouter les informations alarmantes qui lui sont rapportées sur la situation de Verdun. Un livre d'histoire, en quelque sorte, porté par un excellent dessin, précis et documenté, qui permet de comprendre le contexte et suivre les faits, aussi bien côté français qu'allemand. Incontournable pour les passionnés de cette période sanglante et absurde.

Verdun. Tome 1 : "Avant l'orage". Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko, Holgado (dessin). Bamboo Editions, coll. Grand Angle. 2016.

dimanche 22 septembre 2019

Soleil de nuit : Le sommeil se lève à l'aise

Chargé de recouvrer les dettes pour le Pêcheur, le trafiquant de drogue le plus puissant d'Oslo, Jon Hansen, succombe un jour à la tentation. L'argent proposé par un homme qu'il est chargé de liquider permettrait peut-être de payer un traitement expérimental pour sa petite fille, atteinte de leucémie.
En vain. Trouvant refuge dans un village isolé du Finnmark, et alors qu'il est persuadé d'avoir tout perdu, Jon croise la route de Lea (dont le mari violent vient de disparaître en mer) et de son fils Knut.
Une rédemption est-elle possible ? Peut-on trahir impunément le Pêcheur ? (présentation éditeur)


Mais alors Jo, on se laisse aller ? On invite le lecteur dans la tête d'un fugitif et on n'y entrepose qu'un flocon d'angoisses et quelques degrés d'astuce pour s'en sortir ? Et histoire de tirer quelques pages de plus, on invente une petite histoire à l'eau de rose avec une autochtone un peu perdue ? Qu'est-ce qui t'es arrivé, Jo ? Un coup de mou ? Un coup de froid, attrapé dans les fraîches contrées de cette molle aventure ? En tout cas je me suis bien ennuyé. Je ne t'en veux pas pour cette fois, mais franchement malgré le soleil constamment au-dessus de l'horizon en ces lieux nordiques et l'époque de l'année choisie pour ce roman, c'est bien le sommeil qui m'a servi au mien, d'horizon, pendant toute sa lecture. 

Soleil de nuit, de Jo Nesbo. Folio Policier. 2016.

samedi 29 juin 2019

Le Retour à la terre 6 : Tranches de rires campagnardes


Ils sont revenus, ils sont tous là ! Tous aussi foutraques et bidonnant que jadis. Onze ans après le dernier tome, ils n'ont pas pris une ride. Madame Mortemont est toujours doté d'un bon sens bien de chez nous, et en plus elle se met aux nouvelles technologies. Qui sait, en appelant Samsong par la commande vocale, pourra-t-elle en savoir plus sur la vie après la mort, et donc sur le sors de son mari décédé. Sauf que Wikipedia a du mal avec les accents du terroir. M. Henri, le voisin, est toujours aussi taiseux et terriens, mais il doit dégager un charme assez peu visible à première vue, car il a trouvé une compagne jeune et jolie. Il y a bien sûr le héro, Manu Larssinet (vous voyez la référence avec le dessinateur), toujours aussi chargé d'angoisses, en train d'écrire sa BD "Plast" (vous voyez la référence avec la BD Blast qui exprime les tourments psychiques de Larcenet), mais qui peut compter sur l'Ermite, cet ancien maire du coin qui s'est retiré seul dans les bois suite à un redressement fiscal, qui lui sert de confident et de psy. Et puis sa compagne, Mariette. Elle est enceinte du deuxième (après Capucine). Au 7e mois, qu'elle en est. Mais Manu n'a rien vu... Faut comprendre, il écrit "Plast", bon sang ! Deux cents pages, c'est quand même pas rien !
Et puis il y a la campagne. Ah la campagne ! C'est beau la campagne, mais c'est loin. Mais c'est beau. Mais c'est loin. Alors quand Philippe, des éditions Dargaud, est missionné par sa maison d'édition pour aller rendre visite à Manu Larssinet pour lui expliquer qu'il faut en finir avec Plast et ses cases toutes noires, et se mettre à dessiner un projet plus vendeur, la mission se transforme en expédition, en "Man vs Wild" dans la campagne française profonde. Équipé comme un baroudeur, comme un sherpa himalayen, arrivera-t-il à bon port ? Oui, mais dans un sale état.
Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet ont eu bien raison de nous remettre les pieds dans la terre et les yeux dans l'humour et la poésie. Un retour à la terre gagnant.

Le Retour à la terre 6 : Les Métamorphoses. Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet. Ed. Dargaud. 2019.

dimanche 7 avril 2019

Les Vieux Fourneaux 5 : Recherche dessein commun


Résumé éditeur : Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C'est du moins ce qui est prévu... Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s'occuper ensemble de Juliette jusqu'au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l'accompagner au match. Or, Pierrot l'anarchiste mène un nouveau combat : il s'est engagé en faveur des migrants. Alors vous pensez bien qu'assister à un match opposant la France, qui refuse d'accueillir les migrants, à l'Australie, qui ne pense qu'à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l'homme, c'est hors de question ! Mimile n'a plus pour seule compagnie que ses désillusions... Et si lui aussi était bon pour l'asile ?


Eh bah non ! Ce n'est pas la suite de l'opus précédent pour lequel j'avais reproché, en fin de lecture, le côté inachevé, suspensif, genre "ils ont lancé des pistes, on comprendra mieux dans le prochain numéro". Non, vraiment, raté, le cinquième album repart sur un enchevêtrement de parcours des trois vieux rigolards, qui sont toujours aussi attachants mais dont on ne va pas tarder à se détacher si les auteurs continuent de croire en une rente de situation. Ce n'est pas parce qu'un film a été tiré des aventures des trois potes que la retraite s'impose sur la qualité qui caractérisait les trois premières BD.
Ici, nous avons Pierrot, toujours plus engagé dans l'action anticapitaliste, qui se retrouve au poste de police pour une action inutile de plus. Mais qui est taraudé par ses contradictions : eh non, Pierrot, quand viendra la Grand Soir, tous les flics ne seront pas à pendre avec les tripes de tous les bourgeois. Grande révélation: parmi eux, il y a des gens, des êtres humains, que tu as même cotoyés voire appréciés jadis.
Nous avons Antoine, toujours plus confronté à ses relations familiales compliquées : il se voit confier par sa petite-fille la garde de sa petite-fille en compagnie (surprise !) de son fils (donc le père de sa petite-fille) avec qui il est brouillé depuis longtemps. Histoire de renouer le fil du dialogue, selon la jeune femme. Evidemment, ce sera un peu foireux.
Et puis nous avons Mimile, qui venait à Paris pour aller voir un match de rugby avec ses copains, un peu pris par leurs engagements, lire ci-dessus. Fort marri, lui, l'homme de peu de convictions révolutionnaires, fera l'acte le plus visible de promotion des droits humains en dénonçant devant les caméras, en ouverture du match France-Australie, le sors des habitants de l'île-prison de Nauru, sur laquelle sont regroupés les migrants clandestins arrêtés en mer par les autorités australiennes, dans des conditions inhumaines.
Tout cela est bien raconté, on salue les messages d'engagement en faveur des réfugiés et des droits de l'homme en général, mais on cherche toujours où veulent aller les trois personnages principaux de cette BD, quel est le grand dessein de ces dessins, et en tant que lecteur, on en sort encore une fois un peu paumé. A force de nous balader, les auteurs sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont parvenus à s'asseoir avec un certain talent. Et là, j'ai une furieuse envie de leur dire : "Tchao vieilles branches". Dommage.

Pour aller plus loin

Sur l'île de Nauru, très justement dénoncé par Mimile, lire cet article sur le site d'Amnesty International. 

Les Vieux Fourneaux, tome 5 : "Bon pour l'asile". Paul Cauuet et Wilfrid Lupano. Dargaud Ed. Nov. 2018.

lundi 18 février 2019

Tarzan, le film : Les navets poussent même dans la jungle


Il y a quelques temps, j'avais chroniqué le vrai roman de Tarzan, une aventure sauvage pleine de questionnements sur l'humanité, la nature, et l'identité. Hier soir devant la première chaîne en couleurs de mon petit écran, je frétillai dans mon pagne à l'idée de regarder la diffusion du film, dernier en date des adaptations de l'histoire du seigneur de la jungle. Disons-le tout de go(-rille ! ah ah !), c'était pitoyable. Peu d'éléments étaient concordants avec le roman, à part la scène vite expédiée de la mort de la mère d'une maladie sans doute douloureuse dans une jungle hostile où en plus il pleut, puis celle du père attaqué par un singe qui a vraiment une sale gueule, puis le vol du bébé par une bonne vieille singe femelle à l'air gentil, bébé qui deviendra, on l'aura compris, le grand Tarzan.
Les scénaristes du film ont ensuite imaginé une histoire de justicier dans laquelle Tarzan, devenu un vrai gentleman grâce à la civilisation qu'il a fini par intégrer, repart dans la jungle du Congo belge pour traquer de méchants Blancs qui organisent une traite des Noirs. Bien sûr il aura le dernier mot, comme quoi un bon Blanc bien british, au sang bleu, toujours bien rasé mais avec un peu de sauvagerie dans l'âme, est capable de sauver plein d'indigènes à lui tout seul, un peu aidé tout de même par sa femme Jane qui s'est imposée dans le voyage et qui restera de bout en bout d'une rare élégance vestimentaire.
Mais le plus costaud dans cette histoire, c'est la capacité de Tarzan à faire ce qu'il veut de la jungle. Le gars, il maîtrise son sujet, il n'y a aucun doute. Quand il saute dans le vide, il trouve toujours une liane qui traîne là pour s'en saisir et faire des trajets de plusieurs centaines de mètres sans en changer, comme si la liane agrippée était accrochée au sommet de la Tour Eiffel. Quand il croise des lionnes, c'est des copines, il leur fait des câlins. Quand il se bat avec un gorille, il perd, mais il n'a que quelques blessures, moins graves que celles que lui auraient infligées Bruce Lee s'il l'avait croisé dans La Fureur de Vaincre. Tarzan, c'est aussi celui qui sait lire les émotions dans les yeux d'un éléphant. Ou qui sait faire courir des milliers de zébus sur les méchants colons pour les écraser, ou mobiliser des crocodiles pour venir manger le super-méchant qui finit croqué dans d'atroces souffrances et c'est bien fait. Juste un truc : il faudrait que Tarzan suce quelques cachous, parce que son cri est un peu ridicule.
Pour finir, un conseil aux scénaristes d'un éventuel Tarzan 2, le retour : ça coûterait moins cher de le filmer dans l'émission télé "Une Saison au Zoo". Ça serait plus crédible, et plus palpitant qu'au ciné (-léphant... Ah ah !).

Tarzan, réalisé par David Yates, 2016.

lundi 11 février 2019

Hypothermie : Enfile ton polar !


Au bout de la corde bleutée, le cadavre de Maria. Un suicide ? Erlendur n'y croit pas. Il rouvre le dossier. La vie de la jeune femme est un théâtre d'ombres : médiums, insomnies glacées, terreurs nocturnes, les morts vivaient à ses côtés. Quand elle était enfant, son père s'est noyé sous ses yeux. En Islande, on murmure que les secrets les mieux gardés demeurent au fond des lacs. 
(Présentation éditeur)

Sacré Erlendur. Je ne connaissais pas encore ce personnage enquêteur récurrent d'Arnaldur Inidridason, mais en un polar il m'a paru extrêmement sympathique. Humain et torturé de la tête depuis la disparition de son frère dans une tempête de neige alors qu'il l'accompagnait avec son père dans la nature islandaise quand ils étaient enfants, événement dont il garde la culpabilité de celui qui a survécu et pas l'autre. Humain et tracassé par la situation de ses deux enfants, jeunes adultes, en particulier celle de sa fille qui cherche à sortir de sa toxicomanie, et qui le force à discuter avec son ex-femme, comme si un apaisement entre le père et la mère allait soulager le mal-être et guérir ses addictions. Humain et avide de vérité, au point qu'il enquête en marge de ses fonctions officielles de policier, juste parce qu'il a un doute, juste parce que ce suicide par pendaison, dans une maison isolée au bord d'un lac, de la part d'une femme qui a une peur viscérale de la solitude, il y a quelque chose qui le chiffonne, comme dirait Columbo. Il est sensible, et il a du pif, quoi. En remuant les eaux froides du lac, en plongeant un peu dans l'histoire personnelle douloureuse de la victime, en faisant le lien entre ses croyances sur la vie après la mort, et les expériences morbides auxquelles se sont adonnés certains membres de son entourage quand ils étaient jeunes carabins, Erlendur combat les fantômes - y compris les siens -,  et détricote les apparences. Et chacun le sait, quand on détricote, on a froid, surtout en Islande. Alors pour éviter les frissons, le froid dans le dos, ou pire, l'hypothermie, rien de tel qu'un bon polaire pour se tenir chaud. En plus, les polaires, c'est écologique, vu que c'est fabriqué à partir de bouteilles en plastique. Cela tombe bien, Arnaldur Indridason en a, de la bouteille, et ça donne un polar polaire qui s'enfile aisément et qui donne chaud.

La page 77




Pour aller un chouïa plus loin

- En savoir plus sur l'écrivain islandais Arnaldur Indridason (Wikipedia). Vous allez voir, le 2e "d" de son nom n'est pas vraiment un "d".
- Et sur l'expérience de mort imminente, dont il est question dans le livre (Wikipedia).

Hypothermie, de Arnaldur Indridason. Ed. Points. 2007.