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mercredi 13 janvier 2021

Le Cœur sauvage : Des nouvelles de fer sous une plume de velours


Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adolescentes rebelles, les personnages de ces nouvelles vivent à la frontière de la civilisation et du monde sauvage, dans des endroits reculés du Vermont. Tous cherchent à donner un sens à leur solitude et à leurs rêves, au cœur d'une nature à laquelle ils sont, souvent malgré eux, viscéralement liés. L'eau noire et glacée des lacs, l'odeur des champs en juin, la senteur de la résine, les forêts à perte de vue... Robin MacArthur évoque avec puissance et grâce cet univers à la fois âpre et beau, où se reflète l'âme de ses habitant. 
Présentation éditeur.

Parmi les plus belles nouvelles que j'ai lues dans ma chienne de vie. Le lecteur vit une véritable immersion dans l'univers du Vermont, dans la tête des personnages, dans leur vie, leurs pensées, leurs angoisses et leurs joies. Contrairement au vacancier qui plonge direct dans l'océan et en ressort en affirmant fièrement "Au début elle est froide, après elle est bonne", le lecteur va ici vivre en première impression une sorte d'aventure moelleuse portée par une narration calme, merveilleusement envoûtante voire poétique, d'une langueur pas du tout monotone enrichie d'images et de descriptions magnifiques. Mais un malaise grandit en entrant dans la vie des personnages, et l'émotion au début positive se transforme en fin d'histoire en une interrogation : finalement, derrière le calme apparent qui règne ici, n'y aurait-il pas un chaos sur le point de s'exprimer ? La plume de velours ne cacherait-elle pas une violence de fer ? Poser la question c'est y répondre.

Une page au hasard



Le Cœur sauvage, de Robin MacArthur. Ed. Albin Michel, coll. Terres d'Amériques. 2017.

dimanche 31 mai 2020

Incident au fond de la galaxie : Est-ce que ce monde est sérieux ?





Dans un cirque, un employé chargé de nettoyer les cages des animaux accepte d’être envoyé dans le ciel comme un boulet de canon ; le jeune pensionnaire d’un étrange orphelinat découvre qu’il est un clone d’Adolf Hitler créé pour venger les victimes de la Shoah ; un accidenté de la route perd la mémoire et se retrouve dans une pièce virtuelle avec une femme virtuelle, à moins que ce ne soit l’inverse…
Facétieuses, corrosives et incroyablement brillantes, les vingt-deux nouvelles d’Incident au fond de la galaxie nous immergent dans l’univers « keretien », où le virtuel et le fantastique viennent subtilement troubler la réalité pour faire surgir de profondes réflexions sur le deuil, la solitude et les stigmates de l’Histoire
. 

Présentation éditeur

Je suis en train de lire Incident au fond de la galaxie, de Etgar Keret, et ça fait du bien. Une dose d'irréel dans la banalité quotidienne, un truc qui cloche dans la machinerie bien huilée, une bonne secousse dans le calme plat d'une histoire sans histoire... Ces nouvelles sont jubilatoires. Surtout en cette période de déconfinement, cela permet de relativiser notre réalité un peu particulière. Pas besoin d'aller au fond de la galaxie pour saisir les incidents. Il suffit d'aller dans le métro, par exemple. 
L'autre jour j'ai dû prendre le bus et le métro pour un rendez-vous dans Paris : c'était étonnant. Ces gens heureux de se souffler sur le visage, de braver le danger sanitaire en évitant de mettre un masque parce que, sans doute, c'est moche et c'est pénible à porter. Ces gens qui font semblant de faire attention, ou de respecter les règles, qui portent un masque mais qui le glissent sous le menton pour mouiller leur doigt et gratter une saleté sur leur bras (je vous jure, je l'ai vu, j'ai failli proposer ma langue). Ou qui s'évertuent à ne camoufler que la bouche et à laisser exsuder l'appendice nasal à l'air libre. D'où viennent-ils, ces gens bizarres ? Non, toujours pas d'une autre galaxie, ils sont bien de chez nous, ils habitent un pays qui a mis en valeur la Raison et qui a produit des grands scientifiques. Désespérant. 
Alors oui, il faut s'évader, et lire Incident au fond de la galaxie, comme je le faisais dans le métro, en jetant parfois ce regard inquiet au-dessus de ma tablette de lecture pour regarder le comportement de mes contemporains. 

Idir, Ici et Ailleurs : un métissage à renouveler

En même temps, j'écoutais Idir sur mon appli de streaming musical préférée. Il faut écouter ou réécouter Idir, récemment disparu, et notamment ce fantastique album Ici et Ailleurs, qui propose des chansons "d'origine française" réadaptées "façon kabyle", chantées avec le chanteur d'origine. Rien que le premier morceau, La Corrida, de Francis Cabrel, est en plein dans l'ambiance actuelle ("Est-ce que ce monde est sérieux ?")... Le mélange harmonieux de deux cultures est beau et enthousiasmant. Lui aussi, il fait oublier cette période curieuse. Et en même temps il met les pieds dans le plat : dans cette nouvelle époque où il nous est demandé de ne surtout plus nous mélanger pour des raisons de santé, il va falloir déborder d'imagination pour réinventer de nouvelles formes de métissage. Un beau projet. 


Incident au fond de la galaxie, de Etgar Keret. Ed. de l'Olivier, 2020. 
Ici et Ailleurs, Idir. 2017. A écouter sur Deezer (notamment). 

samedi 17 novembre 2018

Zarbi dans le métro : A la chasse aux perles souterraines


Une femme bourrée qui chante Tata Yoyo, un acteur qui révise son Marivaux, un trio théâtral qui se sépare sans un mot, un maladroit qui drague une femme en talons hauts, des collégiennes qui écrivent un mot, une vieille et son fardeau, une femme qui veut photographier son homme parce qu’il est beau… Des transports amoureux, agacés, royaux. Des moments de grâce, des épisodes bizarres voire anormaux. Des bobos, des clodos, des intellos, des marginaux, des soûlots et des spéciaux... Du vécu, rien de faux, dans ces 28 épisodes insolites du métro…

Rien à ajouter à cette excellente présentation de l'éditeur, puisque c'est moi qui l'ai écrite. On n'est jamais si bien servi que par soit-même, n'est-ce pas ? Depuis plusieurs années je tenais un blog de choses vues dans le métro, et j'ai trouvé qu'en faire un recueil était une fichtre bonne idée. D'autant que ça peut donner l'idée d'en faire un tome 2 puis 3, etc. En tout cas, le temps que j'habite près de Paris et que je prends le métro.
Le métro, j'aime bien. Pas entassé dans la foule, certes. Mais même là, pour passer le temps, j'observe. Les détails, les énormités. Dans le métro, il se passe toujours quelque chose. Ouvrez les yeux, vous verrez, et vous ne vous ennuierez plus. Et dans ces petits événements de la vie quotidienne, il y a des perles. Ou des riens, qu'on peut transformer en perles. C'était un peu ça, mon ambition de "Zarbi dans le métro" : cueillir des perles.

Zarbi dans le métro, par Séverin Prené. Novembre 2018. 0,99 euro. Uniquement en ebook, disponible sur Amazon (format Kindle), Fnac (ePub) et Kobo (ePub).


vendredi 10 mars 2017

Les Yeux rouges du Caïman : Un polar sur le Mur, qui picole très très dur



A Loguivy-de-la-mer, près de Paimpol, l’ex-flic Pogam lance une page facebook, à la recherche d’une affaire trouble à laquelle se mêler. Et pour ça, il va être servi ! Son pote, Harteau,le branche sur un trafic de diamants. Tout s’enchaîne coup sur coup : une blonde mystérieuse roucoule avec qui faudrait pas, un type se fait descendre et Baudouin, son pote Baudouin, qui ne trouve rien de mieux qu’à les lui casser avec son caïman empaillé ! Un vrai sac de nœuds.
(Présentation éditeur)

Un polar à suivre au travers des posts que le narrateur dépose sur son mur Facebook : l'idée est originale. Bien sûr la vraisemblance n'est pas au rendez-vous, car on voit mal un enquêteur dévoiler ses avancées sur un réseau social aussi exposé à tous les vents virtuels de la toile. Même si l'enquêteur en question est un flic défroqué et un alcoolique défoncé.
Mais tout cela n'est pas très grave, le support rédactionnel de ses pérégrinations permet toutes les libertés narratives, et nous voilà embarqués dans ses pensées, dans ses enthousiasmes, dans ses gueules de bois, et surtout dans son aventure un tantinet tarabiscotée. Et comme justement monsieur n'a pas toujours l'esprit très clair, le lecteur peut être rattrapé par une forme de réalisme : on n'est jamais très loin de s'embourber dans la confusion d'un personnage sans doute un peu trop imbibé... Heureusement l'histoire en elle-même, une fois qu'on en a saisi le fil, n'est pas spécialement compliquée. Elle est même parfois un peu prévisible. Mais pour l'originalité de l'ensemble, le style très enlevé, imagé et dynamique, je n'hésite pas : je like et je partage.

La page 7



Les Yeux rouges du Caïman, de Jo Mével. Editions L'Arlésienne. 42 pages. 2016. Pour acheter cet ebook, c'est ici. 

vendredi 20 janvier 2017

Blanche Neige : Un baby-catting pathologique


Vous êtes jeunes parents, votre enfant est un trésor, c'est le centre du monde. Vous êtes prêts à tout pour lui. Surtout quand il y a quelque chose qui cloche et qui vous met de mauvais poil. Vous êtes même prêts à rendre visite à des pâtées de médecins aux spécialités qui fleurent bon l'angoisse parentale : orthophonistes, psychiatres... Bref, vous êtes prêts à sortir le grand jeu, et même vos griffes.

Et pourtant. Il serait si simple de respecter la morale de cette nouvelle rondement contée et au final flippant : n'appelez jamais votre chat Blanche Neige s'il a le pelage noir ; ne laissez jamais votre enfant seul avec un chat noir qui s'appelle Blanche Neige.

Voilà, vous appliquerez ça matin, midi et soir. Pendant une vingtaine d'années, ça devrait suffire. Ça fera 60 euros pour cette consultation. Mais pour vous je la fais à 0,99 euro.

Blanche Neige, de Ségolène Roudot. Ed. L'Arlésienne. 2017. 

jeudi 24 novembre 2016

Des nouvelles au goût de pistache


Si vous aimez les pistaches vous comprendrez dans quel enfer on peut se vautrer en commençant la lecture du recueil de nouvelles courtes des éditions L'Arlésienne. Vous êtes devant un bol de pistache, vous en prenez une, vous faites un effort plus ou moins important pour la décortiquer - parfois ce n'est pas possible elle est trop fermée, vous la jetez ou mieux, vous la laissez à d'autres dans le bol - vous mangez le cœur tendre de la pistache, en peu de temps, c'est bon, tellement bon mais tellement bref, que vous en reprenez une autre immédiatement. Et ainsi de suite. Une, deux, trois... mille.

Transposez sur le recueil susnommé, et vous aurez une idée de l'effet addictif et compulsif qu'il provoque. A la différence que les saveurs sont variées : une tranche de "vie" d'un domestique, des doutes sur le sort de Susannah après une nuit agitée, l'histoire flippante du Canigou (déjà chroniquée ici), d'hilarantes funérailles de M. Dubourdy, un écrivain bien embêté par la réputation du héro qu'il a créé, des fantômes plus ou moins fuyants, réels ou fantasmés, un chat à suivre...

A picorer sans modération. Parce que, gros avantage sur les pistaches : vous ne prendrez pas de kilos à lire ce recueil. Sauf si vous grignotez en lisant.

Nouvelles Courtes 2015. Collectif. 150 pages. 7,99 euros. Editions L'Arlésienne

samedi 15 octobre 2016

Le Canigou : Quand la couette n'éloigne plus le monstre


Qu'est-ce qu'on peut être neuneu quand on se fait peur tout seul à penser à des monstres ou des fantômes... Moi-même la dernière fois que je me suis fait peur tout seul dans mon canapé, c'est devant un pauvre DVD d'un film d'horreur avec des gosses qui foutaient les jetons, mais alors les jetons ! Bon, mais une fois couché sous la couette, sans trop prendre le temps de se vêtir en habits de nuit, et avec juste la mèche de cheveux qui dépasse de sous les draps, blotti contre la personne aimée quand elle est là, on se dit que quand même, faut se raisonner, on est adulte non ? Allons !

Mais quand on est seul dans une maison en pleine montagne, loin de tout et de tous, et que passe tout près le sentier où déambule, selon la légende locale, l'immonde monstre nommé Canigou, la couette ne suffit plus à rassurer. Surtout quand on entend des bruits bizarres et que le matin des traces de strangulation apparaissent sur votre cou...

Cette nouvelle courte nous embarque dans les peurs du personnage principal, interpelle nos propres angoisses, et déploie ce qu'il faut de perversité pour ne dénouer l'intrigue qu'à la dernière ligne...

Le Canigou, nouvelle de Lucille Cottin. Editions l'Arlésienne. Ebook à 0,99 euro. Disponible ici.

mardi 6 septembre 2016

Déviations : Des histoires normales mais presque

Il y a des sons, des odeurs, des couleurs, qui sont peints sans grandiloquence, sans tentative d'en mettre plein la vue. Dans ce recueil de nouvelles, les intrigues sont conduites presque tranquillement, comme si tout cela coulait de source, finalement. Comme si tout était normal, au moins au départ, puis peut-être un peu moins normal, puis encore moins... Les tensions montent peu à peu, ligne par ligne, insensiblement, puis un peu plus sensiblement. Puis douloureusement...

Car ces nouvelles sont violentes. Un fait divers sanglant dans une école, des adeptes d'une secte inquiétante dans un bâtiment désaffecté, une mannequin qui doit rester maigre quelle que soit la méthode, un jeune homme qui fait de la musculation avec une idée en tête, une émission télé racoleuse qui échappe à son animateur, une histoire d'amour qui finit curieusement... La fin du recueil comporte quelques pépites plus légères, voire amusantes. On se prend même à soutenir Dieu, je ne vous dis que ça, mais c'est vous dire... 
En tout cas le titre du recueil est bien choisi. Le mieux, dans Déviations, est de se laisser s'y perdre. 

La page 77


jeudi 11 août 2016

La Garden Party : Des odeurs et des affres

Dernier recueil publié du vivant de son auteur, La Garden Party commence à l'aube d'une journée radieuse pour s'achever à la nuit noire, dans une chambre où s'endormira bientôt une femme sans âge ni visage. Une nouvelle après l'autre, Katherine Mansfield peint la vie par petites touches, tendres, cocasses, poignantes, parfois cruelles. Elle dit la solitude, la peur et la mort, partout présentes, même dans la baie des vacances et de l'enfance. Elle chante aussi le bonheur d'exister, l'intensité et la multiplicité des plaisirs qui s'offrent dans l'instant, ces merveilles que sont le sourire édenté d'un bébé, le tourbillon des lumières d'une salle de bal, une odeur de lavande, un vieux saladier rempli de capucines jaunes et rouges sur une table éclaboussée de soleil...
(4e de couverture)

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Allez, va pour du classique. Avant de partir en vacances, j'ai pris ce livre un peu par hasard, un peu parce que j'aime bien les Folio, et surtout parce que j'aime bien les nouvelles, c'est rafraichissant. 
Oui, raffraichissant. La brieveté de l'exercice oblige bien souvent l'auteur à écrire d'une façon particulière, à raconter les choses de manière spéciale, qu'on ne retrouve pas dans d'autres techniques livresque. Et je trouve ça frais. M'en demandez pas plus niveau analyse, je ne suis pas critique chez Télérama. 

Concentration des fragrances
Là en plus, c'est frais et odorant. Pareil, c'est sans doute la condensation des faits qui concentre aussi les fragrances, mais quand j'ai lu ces nouvelles, j'ai senti aussi les lieux : le varech du bord de mer, le moisis des vieilles maison bourgeoises, les herbes séchées par le soleil néo-zélandais... Bon, comme "fraicheur" ok on fait mieux que du moisis ou de l'herbe sèche, mais c'est une façon de parler, arrêtez un peu. Et puis je parlais d'odeurs. Et puis flûte. 

C'est donc frais (j'insiste), odorant, et en plus c'est humain. Les nouvelles de Katherine Mansfield parle de la bourgeoisie friquée, richement vêtue, qui vit dans de belles maisons, aidée par des bonnes et des femmes de ménage, d'une futilité et d'un égoïsme sans nom, mais dont certains membres sont pris à partie par l'auteure pour mettre sous le nez du lecteur leurs affres bien communs. Des affres d'amour, d'angoisses, de jalousies, d'inquiétudes pour les autres, d'ennui, de soumissions familiales... On ne peut pas dire que les nouvelles de ce recueil proposent des intrigues, des histoires. Mais elles donnent à voir des pensées, des vies, des morceaux de gens qui font souvent peine à lire. Sur les étendues d'insouciance où rêgnent les familles aisées poussent finalement les mêmes mauvaises herbes qu'ailleurs. 

La page 77

La Garden Party, et autres nouvelles. Katherine Mansfield. Folio Classique. 


mercredi 22 juillet 2015

S'abandonner à vivre : Des pépites sous la couverture



Quand on chercher un livre à lire dans une librairie, on peut avoir compulsé en amont toutes les critiques littéraires des parutions récentes. Depuis la disparition d'Apostrophe choisir un livre est en effet devenu une activité harassante. Certains font confiance à Télérama, moi non. On peut aussi écouter les conseils du libraire, mais il vaut mieux qu'il vous connaisse bien. Qu'il vous confonde avec votre voisin lui-même critique littéraire de Télérama, et vous voilà mal. 

En tout cas pour ma part, j'y vais au feeling. Mais alors le feeling bien commercial : je regarde chez Folio parce que les autres éditeurs j'aime moins ; je regarde l'image de couverture ; si elle me plaît je tâte le nombre de pages ; si le livre a moins de 250 pages je lis la 4e de couverture ; si ce mini-texte m'inspire je jette un oeil à l'intérieur et je lis deux ou trois lignes ; si le style n'est pas pompeux, j'achète. 

Tout un art. Et pourtant je me trompe souvent et le nombre de livres entamés s'accumule au pied de mon lit. Là, pour "S'abandonner à vivre" de Sylvain Tesson je ne me suis pas trompé. Il avait certes un critère supplémentaire favorable : c'est un recueil de nouvelles et j'aime les nouvelles. Mais je ne connaissais pas du tout cet auteur et j'ai choisi selon les critères ci-dessus. Et globalement j'ai bien aimé. Certes les nouvelles sont parfois écrites dans un style un peu ampoulé, souvent genre "je suis dans mon monde et devinez où je vous amène malgré les jolis mots abscons que j'aligne", et n'échappent pas à un côté un peu intello qui plairait justement à un critique de Télérama. J'ai zappé deux ou trois textes vraiment trop pénibles à lire, qui invitaient manifestement le lecteur à foutre la paix à l'auteur. Mais dans la quinzaine de nouvelles recueillies, qui ne dépassent pas la dizaine de pages, il y a des pépites vraiment drôles et agréables à lire. Donc ça vaut le coup de se lancer dans la lecture du bouquin, et de s'abandonner à le lire...

S'abandonner à vivre, de Sylvain Tesson. Folio.