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lundi 30 décembre 2019

La Reine des Neiges 2 : Le domptage des éléments, c'est moi !

Olaf au Japon.

L'autre jour avec ma gamine de 5 ans et Madame, nous sommes allés au cinéma voir Olaf. Oui, Olaf, ce petit personnage en forme de bonhomme de neige absolument rigolo, à l'humour totalement adapté aux plus de 10 ans, c'est dire que j'ai réussi à suivre. Pour le reste, l'aventure qu'il y avait autour de lui, je ne me souviens plus, mais il était question d'une Reine des Neiges "2" nommée Elsa, de sa sœur qui est très courageuse et qui s'appelle Anna, d'un renne au prénom nordique et d'un blond qui s'appelle Christophe. Il fallait qu'ils domptent l'eau, la terre, le feu et l'air, et c'était plein d'aventures palpitantes.
Pour ce qui nous concerne, il nous a fallu, nous aussi, dompter les éléments. D'abord pour arriver au Grand Rex, la salle de cinéma parisienne où nous avions réservé la séance. On n'est pas des malins : on habite en banlieue, et on réserve dans un cinéma en plein cœur de Paris, en pleine période de grève des transports. Qu'importe, nous sommes des courageux comme Anna, nous y sommes allés. En trois bus successifs, deux réanimations de la gamine compressée par la foule, trois orteils brisés par des coups de talons bien trop nombreux, et une heure et demi, nous étions arrivés à Châtelet, première étape de notre périple. Là, après avoir fendu les airs (vous noterez le premier élément vaincu : l'air), nous avons pris notre temps pour nous restaurer. Une riche idée, vu la suite des événements. Car après notre pause déjeunatoire, nous avons marché une demi-heure pour arriver sur les Grands Boulevards où s'élève l'historique Grand Rex, une heure avant le début de la séance. A ses côtés flânait une file de touristes à la queue-leu-leu du plus comique effet : pourquoi donc se ranger, immobile, contre le bâtiment, pour rien ? Erreur. Elle s'avérait être la file d'attente, déjà présente, grandissant chaque minute, qui devait nous mener en salle. Nous rejoignîmes ce groupe de comiques et attendîmes en nous ennuyant profondément.
Une fois conduits à grands coups de badines à l'intérieur,  nous avons adopté des places vers le fond de la salle, avec une bonne visibilité. Nous avons pu assister à des pubs, puis à une première partie avec la "féerie des eaux" (autrement dit des jets d'eau artistiquement maîtrisés sur de la musique moderne), puis à des pubs, puis au film dont j'ai magnifiquement décrit l'histoire dans les premières lignes de ce billet haletant. Ma fille était ravie, et comme je suis terre-à-terre, son ravissement m'a ravi (vous noterez le deuxième élément vaincu : la terre).

Réchauffement climatique

Par contre le retour n'a pas été joyeux. La Reine des neiges n'est plus ce qu'elle était, et elle aussi est maintenant dominée par le réchauffement climatique : en sortant de la salle, au lieu d'une neige hivernale sympathique, nous étions sous les déluges d'une pluie battante. Le métro le plus proche était fermé, celui qui, plus éloigné, était censé être ouvert ne l'était pas, et les bus étaient rares et bondés au point que les poings étaient meilleurs garants pour pénétrer le véhicule que le pass Navigo. Refusant de nous laisser abattre par l'écoulement des eaux célestes, nous dûmes emprunter (que dis-je, payer, et pas qu'un peu) un VTC (vous noterez le troisième élément vaincu : l'eau). Notre dernier voyage (de la journée, hein, je ne parle pas poétiquement de notre mort) dura une heure, à l'abri, guidés par un fier cocher n'hésitant pas à forcer les passages et les feux de signalisation pour nous faire arriver à bon port (vous noterez le quatrième et dernier élément vaincu et brûlé : le feu).
Autrement dit, la Reine des Neiges 2, c'est pas mal, c'est efficace comme du Disney, ça plaît aux enfants, la bande originale va recommencer à prendre la tête des adultes pendant des mois, et Olaf a été parfait dans son rôle. La seule faiblesse du récit, c'est que notre aventure à nous était bien plus haletante, convenez-en.


mardi 25 juillet 2017

Elysium : 2154, retour à l'ère binaire



Pour une période de vacances dans un coin de France où il fait moche (je ne dirai rien des lieux pour ne pas vous empêcher de venir vous aussi supporter une fin juillet avec un pull), regarder Elysium sur un site de VOD est une bonne occupation. Au moins, ça ne prend pas la tête, de toute façon mon crâne est déjà cerclé d'une pauvre casquette de vacancier qui ne parvient pas à atténuer un froid anesthésiant. Dans ce film de science-fiction (nous sommes en 2154), il y a les bons et les méchants, les riches et les pauvres, une Terre pourrie, polluée et sale pour les pauvres où on parle espagnol et anglais, et une station spatiale nommée Elysium, propre et écolo, avec des appareils médicaux qui peuvent guérir absolument tout et garantir la bonne santé éternelle (retenez bien cela), pour les chanceux fortunés, où on parle anglais et français (ça doit faire chic).



Là dessus, pour être sûr de ne pas perdre les spectateurs insuffisamment rompus aux codes de la SF, on colle à l'intrigue un peu d'amour, de trahison-mais-non-car-en-fait-je-reviens-vous-sauver, de bonnes bagarres à la John Wayne où le gentil il gagne en étant plus malin que le méchant qui est plus fort mais il est bête, et sauf que ce serait des cow-boys revêtus d'exosquelettes. Toujours pour marcher dans des univers cinématographiques connus, dans les gentils il y a toujours - surtout dans la SF - un matheux informaticien qui est fatalement pas beau et vaguement handicapé (souvent il a des grosses lunettes maies là dans Elysium il a juste une jambe pourrie). Il est tellement fort en informatique qu'il lui suffit de bouger vite les doigts sur le clavier pour faire défiler des données qui apparaissent en vert sur fond noir. Conclusion : il n'a pas fait la mise à jour Windows depuis 1983. Il ne doit pas être si expert que ça...

Le CHSCT, c'est pour faire beau

Pour le reste l'histoire est assez maline, avec le héros qui, au début, veut travailler honnêtement après avoir été trop longtemps malfrat car l'objectif était de ramasser le plus d'argent possible pour un jour s'acheter un aller simple pour Elysium. Mais il se fait irradier par une machine au boulot, à cause d'un chef qui ne respecte pas la sécurité de ses travailleurs car il est sous pression de rendement par son patron qui est une ordure absolue. Bref le CHSCT, c'est juste pour faire beau. Résultat notre héros doit absolument monter très vite sur Elysium pour se faire guérir par les appareils médicaux miracles, et pour ça il fait un truc pas bien pour obtenir un ticket de la part de l'informaticien au pied-bot qui peut vendre des vrais-faux passeports fabriqués par ses ordinateurs, et qui est aussi chef d'une bande de malfrats mais qu'on devine aux coeurs tendres : le deal, c'est que le héros malade doit choper les données cérébrales d'un citoyen d'Elysium en les téléchargeant dans son propre cerveau, afin de lui voler des infos, des codes de comptes en banques notamment, je vous passe les détails technologiques c'est prodigieux. Le citoyen victime ce sera justement le méchant patron de son usine, que le héros attaque, mais sauf qu'il tombe sur des données de dingue dans ce cerveau véreux : celles qui permettraient de donner la citoyenneté Elysiumienne à toute l'Humanité. Comme quoi c'est pas bien de vider le cerveau de quelqu'un mais là, la bonne cause y est, on va sauver l'Humanité et guérir tous les malades du monde, ouf. Au passage, dans le cerveau il y a de quoi aussi prendre le pouvoir sur Elysium, donc ça excite plein de méchants, je ne vous raconte pas tout. Et comme le héros est fondamentalement gentil, qu'il est amoureux d'une amie d'enfance qu'il recroise par hasard à l'hôpital et dont la fille est atteinte d'une leucémie (vous voyez venir le morceau d'intrigue), que l'informaticien chef de voyoux pas méchants est gentil, bref à la fin on n'a pas vu un jeu d'acteurs d'une grande finesse, mais le rythme est prenant, et surtout ça finit bien, ou presque, ou ça dépend pour qui, mais ça je n'en spoilerais pas plus.

Elysium, film sorti en 2013. Réalisé par Neill Blomkamp. Avec Matt Damon et Jodie Foster. 

dimanche 28 juin 2015

Jurassic World : six films en un, c'est rentable


Cela faisait au moins dix mois qu'on n'avait pas été au cinéma, ma Mie et moi. Alors allons-y pour du lourd, du gras, du grand, du spectacle, du film qui tache, morbleu ! Donc Jurassic World. En 3D en plus s'il vous plaît.
Eh bien on en a eu pour notre argent (parce que bien sûr on s'est décidé la veille de la Fête du Cinéma, donc on a payé plein pot) : ce film, c'est un condensé de 5 ou 6 autres films.

Une base US

D'abord il y a la base, celle de tout bon film américain.
Il y a un héros très fort et brave.
Une héroïne qui n'a rien compris à la valeur "famille" mais qui comprend vite qu'il n'y a que ça de vrai enfin allons, qui court pendant tout le film avec des chaussures à talons et qui parvient à prendre le temps d'embrasser le héros pendant le carnage d'une attaque de bestioles préhistoriques.
Deux gamins dont un ado en pleine crise de puberté, qui se traduit par des prises de risque ("Larguons notre ange-gardien, on va s'éclater") et des œillades à un groupe de jeunes filles à l'air niais mais aptes à nourrir les fantasmes d'un néopubère. L'autre gosse est le petit frère, il est perturbé par l'éventuel divorce de ses parents, enfin il croit que ça se prépare, mais en fait tout le monde s'en fout c'est juste pour montrer qu'il est petit et sensible.
Un savant fou (à l'allure nécessairement asiatique) qui crée des animaux ignobles.
Un directeur de parc qui préfère risquer des vies humaines plutôt que son chiffre d'affaires.
Un méchant, fatalement un peu gros et un peu con, qui a une idée géniale : utiliser les animaux préhistoriques pour faire la guerre.
Et un Français, Omar Sy.

Des ingrédients filmiques  

Sur cette base vous ajoutez des préparations déjà vues dans d'autres films.
Indiana Jones pour le côté aventure dans la jungle et héros intrépide.
King Kong pour l'île et la bagarre entre animaux préhistoriques, à la fin.
Les Oiseaux d'Hitchcock, pour la scène d'attaque des ptérodactyles sur les visiteurs. 
Les Dents de la Mer pour le parc d'attraction plein de gens affolés et qui se font bouffer par des créatures alors qu'on avait bien dit au directeur du parc que c'était dangereux et qu'il fallait évacuer.
Charlot pour la fin du film, où les deux héros partent en amoureux vers un horizon lumineux. Le gars ne fait pas tourner de canne dans sa main comme Charlie Chaplin, mais vous voyez l'ambiance.

En cherchant un peu on pourrait trouver des tas d'autres références (ou hold up ?) cinématographiques. Mais l'assemblage est réussi et scotche au fauteuil. On a payé plein pot, mais on a eu plein de films en un seul.

Pour aller plus loin

D'abord allez faire un tour sur le site internet du film, il y a même un plan du parc. Il y a aussi une page Wikipédia sur la biologie dans la science fiction. Et je vous conseille un truc de fou pour amuser vos enfants puis leur faire peur : jouez au savant fou et fabriquez vous-même votre dinosaure ! 

samedi 21 février 2015

Nuit des César : fascination, ennui et entre-soi

Eh bah on va les laisser entre eux, hein ?
Soyons clairs : je n'ai tenu qu'une demi-heure devant la Nuit des César, avant d'éteindre et de me coucher pour lire un bouquin. Je n'ai même pas tout à fait tenu une demi-heure complète, puisque j'ai un peu zappé... en revenant chaque fois sur Canal +, où c'était retransmis.

Car c'est fascinant, la Nuit des César. D'abord il faut avouer que Edouard Baer est un bon dragueur de public, et le placer en maître de cérémonie, c'est une assurance tous risques. Et puis toutes ces stars au mètre carré ! Bon d'accord ils sont un peu bloqués dans leur fauteuil, ils sont tous habillés pareils, du coup on ne les reconnaît pas tout de suite : pardi, ils ne bougent pas et ne jouent pas ! Mais quand même, les stars, ça attire. Surtout pour voir la gueule qu'ils tirent quand ils ne gagnent pas leur César. C'en est même gênant, des fois.

Et puis la Nuit des César, c'est l'occasion de voir si le seul film de l'année qu'on a été voir au cinéma va gagner un prix. Ah ! LE film, celui auquel on a bien pensé en amont, à commencer par le moment où notre CE nous a vendu à vil prix deux tickets de cinéma. Le film qu'on a été voir au bon moment : pas trop tôt une fois sorti sur les écrans sinon c'est la queue infernale, pas trop tard non plus sinon il ne passe plus, le con ! Le film qu'on a été voir le bon jour : il faut que ce soit une journée pas trop ensoleillée sinon on est mieux dehors, et pas trop moche non plus sinon on n'a pas envie de sortir ! Le film qu'on a bien planifié niveau logistique :il faut faire garder la petite, on ne vas pas l'emmener voir un film de grands tout de même !
Bref on a tout calculé, on a pris au moins cher, au bon moment, le bon jour, la petite est casée... mais on n'a pas choisi le film ! Ah les cons ! Alors on consulte, parce qu'il ne faut pas se tromper, au prix que ça coûte, même avec la remise du CE. On consulte les collègues, les amis, la famille... On regarde sur internet, on vérifie que Télérama n'a pas aimé, c'est un signe que ça va pas être mal...
Et puis on se lance !
Et puis on est contents d'y avoir été. On ne se souvient plus du titre au bout de trois jours, mais on a bien aimé.

Et le soir de la Nuit des César (z'avez vu, c'est comme dire "au jour d'aujourd'hui"), on est déçus parce que le film qu'on a aimé n'est même pas nominé.

Qu'importe ! On regarde ! Des fois qu'ils se soient trompés !

Et puis on s'ennuie, très rapidement. Les bons mots et le sourire d'Edouard Baer ne suffisent plus. Les lauréats parlent trop longtemps pour remercier des gens qu'on ne connaît pas, nous, pauvres téléspectateurs. Et les sketchs, préparés sans doute par des stagiaires d'une obscure école de théâtre, sont lourds. C'est long. Pas drôle. Pénible. Tout cela est chiant et plaqué.

Et on se dit, au bout d'une demi-heure, qu'on ne va pas les déranger plus longtemps, toutes ces stars qui s'autocongratulent, qui se remercient, qui se remettent des prix, qui se font des clins d’œil en parlant de choses qu'eux seuls peuvent décrypter... On va les laisser entre eux, car après tout c'est comme ça qu'ils se sentent le mieux. Et nous aussi. On va se retrouver entre nous, tranquilles, à bouquiner, à papoter. Et à se dire que non, cette année encore, quand on ira voir un film, on ne le choisira pas nécessairement dans la liste des lauréats de la Nuit des César.

lundi 1 décembre 2014

Le Lauréat : MILF, amour et révolte

Cette jambe féminine n'appartient pas à Anne Bancroft.
Mais à Linda Gray : Sue Ellen dans Dallas !
(info véridique, importante pour briller en soirée)

Revoir Le Lauréat (de Mike Nichols, faut-il le préciser), lundi soir sur la télévision numérique terrestre, trente ans après l'avoir vu au cinéma... Snif, la nostalgie m'étreint (de voyageurs. C'est pas drôle ok mais c'est moins dangereux que la nostalgie m'habite). Une nostalgie d'autant plus saisissante (yago du Chili) que la musique, de Paul Simon, dont le célébrissime "Mrs Robinson", fait partie d'un 33 tours que j'écoutais en boucles quand j'avais 13 ans chez un pote qui écoutait aussi Johnny Halliday, c'est vous dire comment je l'ai échappé belle niveau choix musicaux.
Trente ans donc que je ne l'avais pas vu, ce film. Et il avait déjà 17 ans (calculez bien : il est donc sorti en 1967, bravo).

Quand on y pense... Dans les années 60, le film fait le gros scandale sur un truc qui fait maintenant partie des fantasmes favoris des fans de Youporn des années 2010 : un petit jeune (Dustin Hoffman) se fait honteusement draguer par une MILF (Anne Bancroft) et se la tape ! Et bien sûr (mais là on sort du genre Youporn pour aller sur le drame antique), il finit par tomber amoureux de sa fille (à la MILF, suivez un peu), jouée par Katharine Ross.

Mais !
Mais comme on n'est pas à une contradiction près, et comme on n'est pas encore en 1968 (à un an près) et que la dépravation n'a pas totalement atteint l'esprit fragile des jeunes, s'il est amoureux, alors il faut se marier ! Bah oui. Et là, on sent le poids des habitudes familiales, de l'autorité, des interdits édictés par les parents (ah le bon vieux temps). La maman (la MILF donc), ultra jalouse et fort marrie d'avoir perdu son amant (ah ah !), use de fourberie pour conduire sa fille à rejeter Dustin Hoffman, et lui faire préférer un autre jeune homme, de bonne famille certes, mais de bonne tête de nœud aussi. Et là c'est triste, car malgré une course haletante du héros pour tenter de stopper l'inéluctable, le mariage a bien lieu avec le naze.

Mais !
Mais comme on n'est pas loin non plus de 1968, le final du film livre en quelques minutes tous les éléments de rébellion contre la société que la jeunesse portera dans cette période. Le héros enlève sa bien aimée consentante, et le jeune couple convole. Ainsi soit-il : famille, je vous hais et je vous emmerde ; le mariage est prononcé mais on s'en fout ; la croix chrétienne n'est pas sacrée ; il n'y a pas de chemin tout tracé décidé par d'autres que moi...

Et finalement, même trente après, c'est frais. 

lundi 1 septembre 2014

The Salvation : Moi, spectateur, j'ai bien aimé



Eh bien j'ai bien aimé. 
Parce que moi, spectateur, j'aime bien regarder des westerns des fois. 
Moi spectateur, j'aime bien les westerns qui ne concernent pas les Indiens, mais qui rappellent que les "cow-boys" était des immigrés d'Europe, des Danois, des Français, des Italiens, et pas seulement des Anglais.
Moi, spectateur, j'aime bien voir le sang gicler et les tripes s'étaler.
Moi, spectateur, j'aime bien sentir mon sang glacer et mes tripes se nouer. Sans pause, pendant une heure et demie.
Moi, spectateur, j'aime voir les personnages fourbes se faire détruire par les gentils. Et haïr les méchants qui font du mal aux gens biens.
Moi, spectateur, j'aime bien Eric Cantonna, même quand il joue au méchant, et même si on ne le voit que quelques minutes pour dire trois pauvres phrases en anglais, sans bien se rendre compte s'il les prononce avec l'accent méridional et ça c'est dommage.
Bref, moi spectateur, j'aime bien regarder un bon vieux film avec toutes les bonnes recettes du western à la Sergio Leone et de superbes images en plus, et j'ai bien aimé ce film.

The Salvation. Western britannico-dano-sud-africain (rien que ça, ça m'éclate), réalisé par Kristian Levring. 

mardi 19 août 2014

Black Storm : un film catastrophe.Vraiment.


Voilà un film catastrophe dans tous les sens du terme.

Allez, j'exagère, les effets spéciaux sont particulièrement réussis, même sans 3D, comme quoi on peut provoquer des montées d'adrénaline sans être obligés de chausser une paire de lunettes de kéké.

Pour le reste, l'histoire est affligeante comme une histoire bien américaine où à la fin, le drapeau étoilé est en lambeaux, mais où les citoyens US se retroussent les manches pour reconstruire. Il ne manquait plus que l'intervention du président des Etats-Unis pour sauver ces pauvres gens frappés par de méchants cyclones (vraiment méchants, ceci dit), et le tableau aurait été parfait. Mais l'intérêt général n'est pas l'objet de l'intrigue de ce film, qui s'adresse plutôt à des niches de spectateurs.

Parmi ces niches : les sadiques. C'est l'objet même d'un film catastrophe que de voir des gens en danger de mort, non ? Eh bien là c'est réussi. Avec une touche supplémentaire : les personnages sont tous en train de filmer en direct tout ce qui se passe autour d'eux. Jamais vu autant de caméras (de tous genres : smartphone, mini-caméras, caméras pro...) dans un film. Ton frère est coincé sous une tonne de ferrailles dans un trou qui se remplit d'eau : avant tout, cale ta caméra sur un trépied, puis seulement, pars à sa rescousse. Ce film propose une conception des priorités qui laisse songeur.

Une priorité : filmer. 
Autre niche : les romantiques. Comme tout film catastrophe, il faut un couillon qui tombe amoureux en plein milieu des éléments déchaînés. La mort imminente, ça doit pousser à vouloir perpétuer l'espèce. Je ne vois que ça. En tout cas ça perpétue les scènes larmoyantes et les accolades de soulagement.

Les psychologues de comptoirs et les Freud de supermarchés y trouveront également leurs comptes. Un des personnages principaux est un père qui a perdu sa femme dans un accident de voiture, du coup il est bourru, du coup il ne pense qu'au boulot, du coup il n'est pas très causant avec ses deux ados, du coup ça va lui jouer des tours dans le film, mais du coup il va prendre conscience qu'il est un peu con, et à la fin il comprend que la famille, il n'y a que ça de vrai. Voilà, tirez-en les conclusions psys qu'il faut.

N'oublions pas les geeks : comme tout film des années 2010, il faut que tout le monde soit branché sur son portable, son smartphone, etc. Je l'ai dit plus haut, ils ont tous un appareil à la main pour filmer tout en permanence. Même sous des vents à 350 km/h, ils sont dehors, l'oeil sur l'écran. Au passage, histoire de décontracter les choses, on a l'apparition de deux crétins geeks complètement bourrés qui filment les cyclones pour briller sur YouTube, qui se font embarquer par les vents, et qui ne meurent pas à la fin : ils se retrouvent juste accrochés à un arbre, et il y en a un qui tombe juste avant le générique final. Lol, mdr, ptdr.

Les écolos devraient s'y retrouver un tout petit peu dans ce film. Mais vraiment un tout petit peu. Car la multiplication des cyclones,ça pourrait avoir un lien avec le dérèglement climatique. Ouhla ! Mais attention, on est aux States : pas question d'accuser la pollution ou les gaz à effets de serre ! Le monde ne tourne plus rond, brothers et sisters ! Voilà l'explication (énoncée par un bon vieux gars qui a connu le bon vieux temps où il n'y avait pas de tempête). Mais n'accusons pas le mode de vie des habitants des pays évolués, ce sont ceux qui viennent se régaler devant les films catastrophes !

En tout cas moi j'ai bien aimé et j'ai bien ri (intérieurement, car je sais me tenir). De là à me retrouver dans une des niches que je viens de citer... Quoique, à bien y penser...

Pour aller plus loin... (pas difficile)

Il y en a qui se demandent si on ne peut pas détruire un cyclone avec une arme nucléaire...  Si, je vous jure, et c'est sur la FAQ d'un site apparemment sérieux, le bien nommé ouragan.com...
Et y a-t-il un lien entre les cyclones et le changement climatiques ? Des éléments de réponses ici. Intéressant.

vendredi 1 août 2014

La Planète des Singes-L'Affrontement : Ces singes qui singent les Hommes comme des cons


Les militants de la Ligue de défense des animaux, de  la SPA, Brigitte Bardot et les téléspectateurs de 30 millions d'amis n'ont plus qu'à vaquer à d'autres occupations (aller à la pêche par exemple) : les animaux sont aussi cons que les humains. La preuve dans cette reconstitution historique (un peu par anticipation certes) qui explique pourquoi un jour le singe sera totalement maître du monde, comme l'a très bien expliqué Pierre Boulle dans son documentaire La Planète des Singes.

Le documentaire filmé de La Planète des Singes (1968) finissait comme ceci. Souvenez-vous.

Ainsi donc, La Planète des Singes-L'Affrontement montre les débuts de la coexistence d'un groupe d'humains rescapés de l'épidémie mondiale qui a décimé l'humanité il y a dix ans, et un groupe de singes devenus intelligents comme les humains. De là, il y a les gentils humains et singes, qui souhaitent une coexistence pacifique, et qui se font confiance. Mais il y a aussi les méchants dans les deux camps, qui ont soif de vengeance (des hommes qui ont peur des singes, des singes qui se souviennent comment les hommes les ont traités), et qui sont prêts à toutes les bassesses pour attiser les peurs pour mieux provoquer des violences.
Et là bien sûr, on pense à des tas de conflits qu'on connaît ou qu'on a connus, ou qu'on a lus dans les livres d'histoire. Mais on voit surtout que les singes, une fois affublés de l'intelligence humaine, peuvent devenir aussi redoutables que les humains.
Alors pour vivre heureux, vivons cons ? N'allons pas jusque là : l'intelligence humaine apporte, on le voit aussi dans le film, la capacité à prendre de la distance, être capable de discuter, de négocier, de faire confiance.

En fait, devant le bien et le mal, face à la haine et à la confiance, les singes deviennent comme les humains : il faut faire avec ces sentiments ambivalents, mais c'est justement cela qui fait de nous des humains.
Là où c'est désespérant, mais après tout on ne fait pas mieux, c'est que les autres singes (le peuple en quelque sorte) suivraient n'importe quel petit Hitler qui leur promettrait vengeance, pureté, contrôle du territoire.
En deux mots, le film est bien fait, on ne s'ennuie pas (ou peu), il y a de l'action, et les effets spéciaux sont plus que jamais bluffants.

On vous dit tout : en fait César, le singe principal du film, c'est lui, Andy Serkis. Ça s'appelle un "effet spécial". 


Réflexion finale : par contre les téléspectateurs qui, comme moi, aiment regarder des documentaires animaliers les nuits d'insomnie à 2 heures du mat' peuvent continuer : savoir que ces connasses de bestioles seraient capables, devant les caméras, d'accomplir des trucs très humains (fourberie, violence, mensonges, manipulation...), voilà qui peut dilater les pupilles. Restez attentifs.